Le PSA

Qu'est-ce que le PSA ?

Le PSA (antigène spécifique de la prostate) est une protéine sécrétée par les cellules de la glande prostatique et on la retrouve de l'ordre de quelques milligrammes au niveau du liquide séminal. Le rôle de cette protéine est la liquéfaction du sperme.

Une fraction infime de cette protéine passe au niveau du sang (quelques nanogrammes) et ainsi dosable par un simple prélèvement sanguin.

Le PSA se présente sous différentes formes dans le sang, soit sous forme libre (30%), soit sous forme dite complexée, liée à d'autres protéines du sang (70%). Le dosage du PSA total comprend ces deux formes libre et complexée.

Les laboratoires d'analyses biologiques utilisent des kites de dosage du PSA total, de la forme libre ou de la forme complexée (moins souvent demandée). Le rapport du PSA libre sur PSA total (PSA L/T) s'abaisse en cas de cancer de la prostate et peut aussi être calculé.

Quel dosage de PSA ?

En dehors de quelques circonstances particulières, il est recommandé à votre médecin de ne pas prescrire en première intention le dosage du PSA libre ou du PSA complexé en raison des erreurs de dosages et de faux positifs ou négatifs plus fréquents du PSA libre.

Le dosage sanguin du PSA total est suffisant dans la très grande majorité des cas et particulièrement après un traitement chirurgical, médical ou par  radiothérapie. Le dosage du PSA libre est tout à fait inutile.

Existe-t-il une valeur seuil du PSA total ?

La valeur seuil la plus utilisée pour le PSA est de 4 ng/ml. Mais un seul dosage ne suffit pas car il peut y exister une variabilité individuelle de plus ou moins 30% entre 2 dosages.

Le PSA peut augmenter en cas de cancer de la prostate. Cependant un certain nombre de facteurs non liés au cancer peuvent faire varier également sa valeur. Comme le volume prostatique en cas d'une hypertrophie bénigne de la prostate appelée HBP, l'inflammation chronique de la prostate ou l'infection aiguë appelée prostatite.

Les patients sous inhibiteurs de la 5 alpha réductase (Finastéride, Dutastéride), prescrit comme traitement de la HBP, doivent multiplier la valeur du PSA par deux car ses médicaments abaissent de 50% la valeur du PSA après 6 mois de traitement.

Comment interpréter la valeur de votre PSA ?

Le premier dosage du PSA n'est classiquement demandé qu'a partir de l’âge de 50 ans et il n'est pas demandé après l’âge de 75 ans. Cependant, chez les patients qui présentent des antécédents familiaux de cancer prostatique, ce dosage peut être prescrit plus tôt vers l’âge de 45 ans.

Pour une bonne interprétation du résultat votre médecin va :

  • Comparer la valeur d'un PSA total avec les dosages précédents. Ce qu'on appelle, la cinétique du PSA.
  • S'assurer que les mesures ont bien été faites avec les mêmes kits de dosage.
  • Vérifier l'absence des signes d'infection prostatique dans les 3 mois qui ont précédé le dosage du PSA.
  • Noter tout médicament susceptible de modifier la valeur du PSA.
  • Tenir compte de votre âge, des données de l'examen clinique et de vos pathologies associées et interpréter la valeur du PSA en fonction du volume de la prostate en calculant éventuellement la densité du PSA.

Quand faut-il vraiment s'inquiéter ?

La modification de la valeur de votre PSA est une alerte mais ne signifie pas que vous avez un cancer de la prostate. Le risque de découvrir un cancer est plus ou moins élevé suivant que l'examen de la prostate est anormal, que la progression du PSA est confirmée, qu'elle n'est pas liée à une infection urinaire ou à une augmentation du volume de la prostate dans le cadre d'une hypertrophie bénigne.

Le diagnostic du cancer de la prostate repose obligatoirement sur des prélèvements ou biopsies prostatiques.

La décision de pratiquer ces biopsies est prise avec votre urologue sur un faisceau d'arguments, l'existence d'antécédents familiaux de cancer de la prostate, votre âge, votre état de santé, les données de l'examen de la prostate au toucher rectal, le volume prostatique, la cinétique du PSA, ou encore les résultats d'autres examens que votre urologue juge utiles et de toute façon après vous avoir informé des objectifs, des modalités et des conséquences associées à ces biopsies.

En cas de positivité des biopsies, les différentes options de traitement ou de surveillance ne pourront être réellement discutées qu'après réalisation d'un bilan complémentaire.

Comment se passent les biopsies prostatiques ?

Les biopsies consistent à prélever des fragments de prostate pour rechercher des cellules cancéreuses. Cet examen est le seul moyen de faire le diagnostic de cancer de la prostate et ne favorise, en aucun cas, une aggravation de la maladie.

Les biopsies sont en général réalisées sous anesthésie locale et dans certains cas sous anesthésie générale. Une prise d'antibiotiques avant la biopsie (antibioprophylaxie) est recommandée et indispensable pour éviter le risque infectieux lié à la réalisation des prélèvements de la prostate par voie rectale.

Le repérage de la prostate est effectué avec une sonde d'échographie endorectale.

Les prélèvements effectués à l'aide d'une aiguille fine sont répartis dans la prostate selon un protocole validé, le plus souvent 12 prélèvements (une IRM pourrait être demandée pour orienter d'autres prélèvements) et ils sont adressés pour examen sous microscope par un médecin anatomopathologiste.

Les principales complications sont la présence de sang dans les urines, dans les selles et le sperme les jours ou semaines qui suivent le prélèvement et sont le plus souvent sans gravité.

Le risque d'infection de la prostate (prostatite aiguë) est faible. La survenue d'une fièvre dans les 48h après le prélèvement nécessite une prise en charge médicale urgente par l'urologue ou un service d'urgence. Une antibiothérapie par voie intraveineuse est souvent nécessaire.

L'impossibilité d'uriner ou rétention urinaire, très rare, doit aussi vous amener à consulter en urgence. Elle nécessite la mise en place d'un drainage urinaire.

Un rendez vous est fixé avec votre urologue pour communication des résultats des biopsies. Si un cancer significatif est découvert votre urologue déterminera avec vous la conduite a tenir et discutera le ou les traitements les plus adaptés à votre situation. Si les biopsies sont négatives votre urologue vous précisera en fonction des critères, décrits plus haut, le rythme et les modalités de votre suivi urologique en collaboration avec votre médecin traitant ce qui pourrait nécessiter de nouvelles biopsies prostatiques.   

Vidéo de l'association française d'urologie AFU